Anecdote #3 : Parle à mon corps, ma tête est malade

Ah, la psychosomatique. Fascinante. Infiniment complexe et terriblement limpide à la fois.

Si j’étais en pleine conversion hystérique (il s’agit, pour résumer dans les très grandes lignes, de conflits psychiques qui s’expriment sous forme de troubles somatiques – donc par le corps. Ils fonctionnent en quelques sortes comme un symbole de l’état psychique).. Eh bien mon corps me dirait certainement « tu es mal dans ta peau » ou « tu es tiraillée« , ou « ça te démange (de faire/dire quelque chose) » ou « tu te fais du mal »…

Depuis que j’ai porté plainte contre mon père, ma peau me démange à tel point qu’elle devient une douleur.

Depuis un certain temps (quelques mois) j’avais des démangeaisons. Des zones, sur la peau, qui me tiraillaient et me démangeaient et je n’y ai pas particulièrement prêté attention. Seulement, depuis que j’ai rencontré l’avocat, et davantage depuis que j’ai porté plainte : Les démangeaisons deviennent douloureuses. Ma peau est sèche – asséchée même. Et elle me fait affreusement mal.

Huiles pour le corps, crème de douche peau sensibles haute hydratation, lait ultra hydratant au cold cream – toujours peaux sensibles.. tout ce que vous voulez, rien ne fonctionne. Je bois suffisamment d’eau, et pas de changement drastique dans mon alimentation – relativement saine. Aprés quelques coups d’oeil avisés sur le net, ça ressemble à de l’eczéma sec (semblerait-il, souvent psychosomatique.)

Et puis je retrace les moments d’apparition de cette sécheresse, de ces démangeaisons, cette douleur, cet inconfort.. et bim. Je pense à cette bonne vieille conversion hystérique… Les manifestations somatiques que je subis quotidiennement, elles pourraient correspondre à des époques d’éventuels conflits intérieurs/troubles émotionnels importants.. Elles pourraient avoir un sens, une symbolique logique avec ce que je vis et ai vécu au cours de ces époques.. Elles pourraient, comme d’autres manifestations somatiques, avoir une logique avec mon histoire personnelle, avec mon vécu d’incestuée

Dans l’idéal, j’aimerais éviter. L’hystérie (au sens clinique), pour l’avoir étudiée, ça ne me branche pas trop. Non, vraiment pas. Pas du tout.

J’évite de trop me poser la question. Je me contente d’être à la fois embarrassée et impressionnée par la façon dont le corps et l’esprit peuvent parfois bosser ensemble, et de façon remarquablement élaborée. Bravo le corps et l’esprit : J’ai mal, mais j’admire le travail.

note : Je sors des mots, comme ça, « conversion hystérique« , « hystérie » qui peuvent vous sembler flous, comme aujourd’hui on peut sortir « pervers narcissique » sans comprendre qu’il appartient à un fonctionnement très précis et particulier dans la psychologique clinique et pathologique  (un manipulateur, aussi méthodique et déterminé à satisfaire son seul plaisir soit-il, et son emprise aussi grande soit-elle, a en réalité très peu de chances de pouvoir être qualifié de pervers narcissique. Dans le doute, il serait plus judicieux d’utiliser le terme « d’abus narcissiques« , qui me semble plus modéré et davantage adapté à une majorité de situations)

Il faut que je pense à rédiger cet article dans lequel je me présenterais un peu.. Anonyme ne veut pas dire sans identité. Mais je ne suis pas forte en présentations : Je laisse, ça et là, des indices, quand je me sens de les donner. J’essaierai de m’y mettre : Un âge, un contexte, des études, un quotidien.. quelque chose.

J’ai également pensé à ajouter une petite catégorie d’article autour d’explications, de théories, de notions de psychologie, d’histoires, qui peuvent être liées d’une manière ou d’une autre à l’inceste et les maltraitances. Après tout, ce blog se veut être une mini-thérapie par les mots, mais il a aussi vocation à informer. Alors why not? Je serais ravie que vous partagiez avec moi votre opinion là dessus!

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23 réflexions sur “Anecdote #3 : Parle à mon corps, ma tête est malade

  1. Jean-Marie Albert 29 décembre 2014 / 7 h 39 min

    Le clic posé sur l’ouverture du commentaire, le silence pèse toujours après cette lecture complète et difficile. Et si les mots ont du mal à venir, pour vous, ça doit être encore pire. Alors, pour ce partage essentiel, merci, infiniment. Vous suivre ici offre une réalité nécessaire pour ne pas laisser faire, pour accompagner comme on sait, comme on peut. On se demande où sont les hommes de ce monde pour agir contre toute cette horreur. Demander justice est un devoir de dignité. En aucun cas cela fait de l’agresseur une victime. Vous écrivez qu’il a agi en vous laissant l’initiative. Soit. Aujourd’hui, vous l’avez toujours et on peut considérer qu’il demande son du, la justice, pour vous. Vous permettre de vous reconstruire. De loin, quelque chose se noue, se tord et brûle au fond de qu’il reste à consumer de beau, une fois de plus. Combien encore,…combien?

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    • freyjanova 29 décembre 2014 / 12 h 01 min

      Merci pour ces mots. Malheureusement, les hommes et femme qui agissent contre l’horreur sont bien présents. Mais que peuvent-ils faire quand l’horreur est indécelable?
      Heureusement, je pense que peu font encore la confusion agresseur accusé / victime.. même si j’ai encore vu récemment quelques discours pour le moins dérangeants, ils sont en minorité. Ce qu’il reste néanmoins à éclaircir aujourd’hui : c’est le sentiment des victimes d’être, elles, agresseurs d’une certaine manière. J’ai la chance de ne pas (pas trop) avoir ce sentiment. Mais je pense à ceux et celles qui sont paralysés à cette idée.

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  2. lamisstamara 29 décembre 2014 / 10 h 45 min

    Merci pour ce billet poignant… Ça fait un an que je me bat contre un eczema des paupieres apparu apres le deces d’un proche… Oui, le corps et l’esprit sont intimement liés ! Bonne journee !

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    • freyjanova 29 décembre 2014 / 12 h 04 min

      Merci à toi d’y avoir prêté attention. Le corps, parfois nous informe sur ce qu’on ignore de nous-même,semble-t-il 🙂 Bonne journée également!

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    • freyjanova 31 décembre 2014 / 10 h 46 min

      Leçon de vie, je ne sais pas 🙂 En tous les cas, d’une certaine manière, je suis émue que d’autres puissent être émus. Merci à toi.

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  3. claudianim 13 janvier 2015 / 21 h 35 min

    je suppose que vous connaissais les livres « Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi de Michel Odoul.le grand dictionnaire des malaises et des maladies de Jacques Martel et enfin le bonheur désespérément d’andré compte-sponville.

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    • freyjanova 13 janvier 2015 / 21 h 41 min

      Eh non ! Je connais d’avantage Inhibition, symptôme et angoisse de Freud, et vocabulaire de psychanalyse de Laplanche et Pontalis 🙂

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      • claudianim 15 janvier 2015 / 12 h 04 min

        Quand je recherche la cause d’un maux que mon corps m’envoie je navigue toujours entre les livres psy et les livres phylo et de bien être et je passe par la méditation. A cela j’associe les fleurs de bach et surtout j’écris, comme vous, exemle: L’AMOUR UN BESOIN VITAL

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        • freyjanova 15 janvier 2015 / 12 h 09 min

          Oui ! les fleurs de Bach. J’ai récemment trouvé une eau parfumée censée renforcer l’audace (nom du parfum ^^). Elle est devenu mon « gri-gri » quotidien pour affronter l’extérieur 🙂

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  4. Mona de B. 15 janvier 2015 / 8 h 07 min

    Notre corps ne ment jamais de Alice Miller.

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  5. Mona de B. 15 janvier 2015 / 8 h 08 min

    Ah et bonnes idées celles auxquelles tu penses pour ton blog

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  6. elise9 15 janvier 2015 / 10 h 11 min

    Ah ça ! Les psychanalystes ont une manière de décortiquer l’humain qui manque un peu d »‘humanité » si je puis dire, même si ils présentent des choses intéressantes sur lesquelles je me suis longuement penchée.
    Mais ce n’est qu’une partie de la vérité.

    Je partage tout à fait la juste nuance que tu ajoutes ici :
    « J’évite de trop me poser la question. Je me contente d’être à la fois embarrassée et impressionnée par la façon dont le corps et l’esprit peuvent parfois bosser ensemble, et de façon remarquablement élaborée. Bravo le corps et l’esprit : J’ai mal, mais j’admire le travail. »

    C’est surtout ça moi je trouve qui est fabuleux (parce que franchement, le coup de l’hystérie, c’est pas très cool, on a suffisamment de voix surpuissantes dans notre tête pour nous cataloguer, pour nous dire qu’on est victimes, qu’on est ci, qu’on est ça, on a surtout besoin d’un peu – beaucoup – d’amour et de douceur !), prendre conscience de l’intéraction corps/esprit, apprendre à se connaître, encore, toujours ! Jusqu’à redécouvrir toute notre puissance, notre grandeur et la maîtrise de soi !

    à bientôt !! 🙂

    Elise

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    • freyjanova 15 janvier 2015 / 12 h 20 min

      « Les psychanalystes ont une manière de décortiquer l’humain qui manque un peu d‘humanité » .. Oh, je trouve que c’est tout le contraire justement ^^ Enfin ça dépend de quels psychanalystes, et quelles théories psychanalytiques (très nombreuses !).
      Pour ce qui est de l’hystérie, je m’étais volontairement laissée aller dans le cynisme. Je te rassure, c’était loin d’être une étiquette que je me posais. 🙂
      Je suis par ailleurs bien d’accord avec toi : Bien des gens accordent trop d’importance à trouver un nom, une pathologie s’accordant à leurs souffrances. Les psychologues savent bien, eux, que chaque individu est unique, et qu’on ne peut pas les regrouper sous des noms de pathologie en estimant qu’ils fonctionnent tous de la même manière ^_^. C’est la base du métier de psychologue. 🙂 D’ailleurs, un bon psychologue ne dit pas quelle pathologie il pense être celle de son patient. ^^

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      • elise9 16 janvier 2015 / 14 h 22 min

        Oui, c’est vrai, je suis d’accord avec toi, ça dépend énormément des psychanalystes, quelqu’un comme Jung est un grand humaniste. Vrai aussi pour les psychologues !! 😉

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        • Freyja 16 janvier 2015 / 16 h 29 min

          Ahhhh Jung 🙂 (mais les psychanalystes sont souvent des psychologues ^^ – ou psychiatres)

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  7. elise9 15 janvier 2015 / 10 h 25 min

    Ah et j’aime beaucoup ce livre de Christiane Beerlandt au sujet des maladies et de leur origine : La clef vers l’autolibération – origines et solutions de 1000 maladies. (j’ai lu aussi Odoul, j’avais adoré mais je l’ai délaissé pour celui-là)
    Ce livre est axée clairement sur l’Amour et je partage l’idée principale selon laquelle, en gros, c’est toujours un manque d’amour et de confiance en soi qui est à l’origine de n’importe quelle maladie (il n’y pas pour moi de maladie purement psychosomatique et de maladie purement physiologique, le lien est étroit et constant).
    Après, ce manque d’amour se manifeste différemment selon les personnes et ce qu’on a vécu : victime, agresseur, lutte ou fuite, etc. et donc à un endroit spécifique du corps (et c’est ce qui est décrit dans ce livre).

    Belle journée à toi 🙂

    Elise

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  8. Daniel Bukō 29 janvier 2015 / 4 h 26 min

    Toute une histoire personnelle à raconter. La franchise est là, la souffrance aussi.
    Par la souffrance avouée et à partir du pardon et de la réconciliation, on peut se transformer. J Kornfield cite deux prisonniers de guerre qui se retrouvent. L’un demande « As tu pardonné à tes géôliers ?  » L’autre répondit « Non jamais ! ». Alors le premier regarda son ami avec bonté et lui dit »Bien ! Alors ils te retiennent toujours prisonnier, n’est-ce -pas ? »…
    L’avocat n’est pas la libération (le corps parle), mais beaucoup, beaucoup de souffrances à venir…
    Bon courage et merci pour votre visite !

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    • Freyja 29 janvier 2015 / 18 h 51 min

      Malheureusement, je ne suis pas sûre de pouvoir dépasser ce stade un jour…. Je suis capable de comprendre, mais impossible de pardonner. Inenvisageable. Et je serai toujours prisonnière de ce geôlier.. Seulement, parfois, je l’espère, je l’oublierai un peu 🙂

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      • Daniel Bukō 30 janvier 2015 / 7 h 28 min

        Mais non tu y arriveras un jour. La méditation est un bon moyen. Une nouvelle étude est sortie sur les bienfaits de la méditation (avec Mathieu Ricard : Neurosciences fev 2015). Tous nous souffrons sur cette Terre. La maladie, le cancer surviennent aux plus sages…la méditation de présence ouverte c’est observer les sensations douloureuses sans chercher à les changer ou les ignorer. La douleur est toujours là mais elle dérange moins. Ce qu’il faut éviter c’est de rajouter de la douleur à la douleur et ruminer…ce qui n’est pas facile. L’esprit aime ressasser. Ça ne sert à rien.
        Corps et esprit sont profondément modifiés par un entrainement régulier. La blessure est toujours là mais elle agit positivement au lieu du contraire. On s’ouvre à la compassion, on regarde les autres…
        Bon courage et confiance.

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          • Daniel Bukō 30 janvier 2015 / 23 h 58 min

            Je t’encourage à étudier le bouddhisme. souffrance et lâcher prise.
            J Kornfield dans Bouddha mode d’emploi : p 336 « Il y a deux types de souffrance. La souffrance que tu fuis et qui te suit partout, et la souffrance que tu regardes en face. En agissant ainsi, tu te libères « . Tu es sur la bonne voie !

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